Institut de radioprotection indépendant « Belrad » (Minsk – Biélorussie)

- Les radiométristes suivent une formation spécialisée, non seulement pour effectuer des mesures, mais aussi sur les aspects théoriques du problème, afin de pouvoir ensuite sensibiliser le public et répondre à toutes les questions relatives aux rayonnements et à la radioprotection.
- Il semblerait que les habitants des zones touchées par Tchernobyl vivent avec cette catastrophe depuis plus de trente ans, et soient les mieux placés pour parler de radioactivité. Ont-ils vraiment besoin qu’on leur rappelle les dangers ? C’est nécessaire. Car on s’habitue à tout. Et quand on s’habitue au danger, on a tendance à l’ignorer. Ce phénomène est également accentué par l’absence d’effets immédiats et visibles de l’exposition aux radiations.
- Même dans les zones les plus contaminées, de nombreux habitants font totalement abstraction des risques radiologiques – ou, plus exactement, ils en ont connaissance mais les ignorent. Dans le village de Dzerjinsk, année après année, on observe chez les mêmes enfants des taux de césium-137 d’au moins 300 Bq/kg, sans que cela ne suscite la moindre réaction émotionnelle ni le moindre changement dans leur alimentation. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.
- Nous aimerions croire que les données impressionnantes accumulées au fil des ans peuvent au moins être convaincantes.
- Le problème de la contamination radioactive des « cadeaux de la forêt » et de certains produits locaux demeure d’une actualité brûlante, même plusieurs décennies après le terrible accident d’origine humaine, et démontre l’urgence de poursuivre la surveillance constante de la radioactivité des produits alimentaires, de mettre en œuvre toutes les mesures disponibles pour se protéger des effets des radionucléides pénétrant dans l’organisme et de mener des actions de sensibilisation dans les zones contaminées.
- Nous souhaitons formuler une réflexion. Une norme est, par définition, un concept relatif. Il n’est pas tout à fait raisonnable de supposer, par exemple, que du lait présentant une activité de 99 Bq/l est parfaitement sûr, mais que le simple franchissement du seuil de 100 Bq/kg le rende immédiatement mortel. Il est bien plus pragmatique d’adopter une approche privilégiant la pureté, indépendamment des normes sur lesquelles on s’est accordé par simple nécessité de parvenir à un consensus sur cette question complexe.
- Sachant que, jusqu’à l’apparition très récente du césium-137 avant laquelle ni la nature ni notre organisme n’étaient exposés, il semble pertinent de considérer l’absence totale de radionucléides dans l’alimentation et le corps humain comme la norme. Cet objectif est pratiquement inatteignable, mais progresser le plus loin possible dans cette direction est la priorité absolue de notre Institut et de tous ceux qui se soucient de leur santé et de celle de leurs descendants.
Nous vous invitons à prendre connaissance du document intitulé « 40 ans après Tchernobyl, radiations êtes-vous toujours là ? » rédigé par I. Turkovsky, I. Khromova et S. Runtsevich.
Rapport Belrad 40 ans
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- Date de création 12 avril 2026
- Dernière mise à jour 12 avril 2026
